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Laurier d’or du civisme pour « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », un film de Jérôme Fritel et Marc Roche

Chaque année, le Club audiovisuel de Paris remet les Lauriers de la télévision et de la radio. Ils récompensent les meilleurs programmes audiovisuels contribuant à l’enrichissement culturel de tous. Pour cette 18ème cérémonie, le Laurier d’or du civisme a été remis au documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », produit par Capa et Arte France.

Ce documentaire de Jérôme Fritel et Marc Roche, journaliste spécialisé au « Monde », auteur du best seller « La Banque », est une plongée au cœur de ce pouvoir qui ne reconnaît aucune frontière, aucune limite, et menace directement les démocraties.

Les témoignages à visage découvert d’anciens salariés de Goldman Sachs, de banquiers concurrents, de régulateurs, de leaders politiques, d’économistes et de journalistes spécialisés dévoilent pour la première fois la toute puissance financière et politique de « la banque qui dirige le monde ». Celle qui s’est enrichie pendant la crise des « subprimes » en pariant sur la faillite des ménages américains, et qui s’est sauvée de la banqueroute grâce à ses appuis politiques. Aujourd’hui, elle profite de la crise économique européenne pour étendre son formidable réseau d’influence sur le Vieux Continent.

Si le jury a tenu à distinguer « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », c’est parce que « cette démonstration par l’absurde d’un civisme à rebours, bafouant les finalités du développement économique et de la solidarité sociale, retient l’attention des téléspectateurs comme l’une des explications essentielles de la grave crise actuelle de la conduite de nos sociétés. »

« Laboratoires pharmaceutiques, un lobby en pleine santé », un film de Sophie Bonnet dans LES INFILTRES le 22/02 à 22h50 sur France 2

Pour ce troisième numéro de la saison, les Infiltrés se sont glissés au cœur même de l’industrie pharmaceutique au fonctionnement bien particulier. Une industrie florissante qui a néanmoins abrité plusieurs scandales comme celui du médiator.

Les laboratoires pharmaceutiques, un monde très discret, habituellement fermé aux médias.

L’équipe des infiltrés est parvenue à pénétrer cette industrie, souvent décrite comme l’un des plus puissants lobbys au monde. En France l’industrie pharmaceutique réalise près de 50 milliards de chiffre d’affaires par an, dont 45% réalisé à l’exportation, et compte plus de 110.000 emplois.
Avec l’affaire médiator, le public a découvert les méthodes parfois troubles de certains laboratoires : conflits d’intérêt des experts chargés de donner leur avis aux autorités sur un médicament, effets secondaires passés sous silence, études cliniques « arrangées », et lobby sur les pouvoirs publics pour éviter toute réforme trop contraignante pour l’industrie pharmaceutique.

Aujourd’hui cette industrie reste très productive : 150 nouveaux médicaments arrivent sur le marché français chaque année, la plupart pour des pathologies très rentables où le patient va prendre un médicament tous les jours, toute sa vie : le diabète, le cholestérol, ou l’hypertension par exemple… Pourtant ces « nouveaux » médicaments sont rarement innovants, et leurs effets indésirables pas toujours connus.

Alors après le scandale médiator, comment les laboratoires pharmaceutiques lancent-ils un médicament ? Quelles précautions prennent-ils ? Comment parviennent-ils à maintenir leur chiffre d’affaires alors que les pouvoirs publics tentent de réduire les dépenses de santé, particulièrement celle des médicaments ?

Pour être au cœur des stratégies de lancement d’un médicament, deux équipes de journalistes ont travaillé en parallèle. La première a infiltré un laboratoire et la seconde a enquêté sur le terrain auprès des médecins et des visiteurs médicaux.
Une enquête en infiltration qui permet de découvrir l’influence des visiteurs médicaux sur certains médecins, et comment de nouveaux médicaments qui n’apportent rien par rapport à ceux existants, tout en présentant des effets indésirables importants, prennent une place importante sur le marché grâce à des stratégies marketing sophistiquées, tout en étant beaucoup plus cher que les médicaments habituellement prescrits.

A PROPOS DES INFILTRES

Choisir de montrer ce qui est souvent resté caché, non dit ou secret. Sans parti pris, ni point de vue partisan, le magazine « LES INFILTRÉS » a l’ambition, à travers un film puis un débat, de traiter certains dysfonctionnements de notre société.

Sans jamais s’attaquer personnellement à des individus, ni porter atteinte à leur intimité, mais avec la volonté de démonter les failles d’un système, d’une institution, d’une entreprise, les enquêtes des journalistes infiltrés vont permettre de découvrir une réalité parfois préoccupante.

Parce que chaque film des infiltrés sera le fruit d’un tournage à un moment donné dans un lieu donné, le débat animé par Marie Drucker permettra de répondre d’abord aux questions directes soulevées par le film puis d’élargir plus globalement à la question de société qui en découle.

KINDIA 2015 : un projet de documentaire et un projet humanitaire à long terme, le 20/11 à 20h55 sur CANAL+

Kindia Horizon 2015 c’est une opération de développement nord-sud sur le long terme, initiée par Canal+ en Guinée-Conakry, dans la région de Kindia, avec la participation des abonnés de la chaîne. Le premier documentaire sera diffusé le 20/11/12 sur Canal+

Canal+ propose une aventure inédite en télévision, en s’engageant, au-delà des écrans, dans une action de long terme en Guinée, l’un des pays les plus pauvres au monde.

Concrètement, sur 4 ans, une équipe de journalistes va suivre régulièrement la population et des ONG dans 5 secteurs d’intervention, avec pour but de répondre aux objectifs du millénaire de l’ONU. 4 ans pour bâtir et suivre ces projets, avec des personnalités fortes et attachantes.

Abonnés de Canal+ et téléspectateurs seront appelés à participer au projet, par le biais de dons, pour un budget total de 3 789 862 euros sur 4 ans.

« VIOL : elles se manifestent » Un documentaire d’Andrea Rawlins-Gaston et Stéphane Carrel le 25/11 à 22h20 sur France 2

Des femmes dénoncent le viol qu’elles ont subi.

En France, 75 000 femmes sont violées chaque année. En moyenne, une toutes les huit minutes. Un chiffre exorbitant, pourtant loin de refléter la réalité, car il ne comptabilise ni les mineures, ni celles, majeures, qui n’ont jamais déclaré le viol qu’elles ont subi. On estime en effet que seulement 10 % des victimes portent plainte. Le viol n’est pas un fait divers, c’est un crime effroyablement banal et massif. Un véritable fléau de société. Et pourtant, le viol est tabou. Comme le dit Clémentine Autain,femme politique, violée à 22 ans : « On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse. Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. » Il est temps que la honte change de camp.

Il est temps que les victimes de viol puissent parler sans risquer des représailles ou la stigmatisation.

Ce film est un manifeste contre le viol. A l’instar de leurs aînées qui avaient signé le manifeste pour le droit à l’avortement en 1971 – Manifeste des 343 –, aujourd’hui, des centaines de femmes anonymes et connues ont décidé collectivement de briser le silence sur le viol dont elles ont été victimes. Elles sont peut-être votre soeur, votre mère, votre fille, votre compagne, votre collègue de travail… Pour toutes, le dire publiquement, massivement, est un acte politique. Ensemble, elles ont décidé d’avancer à visage découvert pour interpeller les pouvoirs publics et la société tout entière. Objectif : favoriser l’émergence de la parole pour que la loi soit enfin appliquée. C’est à cette condition sine qua non que notre société fera reculer le viol.

Ce film dénonce un crime trop souvent ignoré et trop souvent impuni : le viol. Cinq victimes témoignent de leur combat pour être reconnues en tant que telles et faire condamner leur agresseur.

Cinq femmes que rien ne destinait au combat sur l’arène publique témoignent de la bataille qu’elles ont décidé de livrer contre la violence sexuelle ordinaire. Celle qui touche 75 000 d’entre elles chaque année en France, soit près de 206 par jour ! Des chiffres alarmants qui traduisent la banalité d’un crime, certes puni par la loi, mais qui demeure paradoxalement un immense tabou dans une société où le sexe est pourtant omniprésent. Alors, se battre pour faire reconnaître l’agression et condamner son ou ses auteurs relève le plus souvent du parcours du combattant, voire d’un véritable chemin de croix. Au bout duquel on peut parfois obtenir cette victoire qui permet enfin de se tourner vers l’avenir. Encore faut-il pouvoir briser la loi du silence. Les femmes de ce film y sont toutes parvenues.

Violées par un inconnu ou par une personne de leur entourage, elles ont accepté d’être les porte-parole de ces centaines de femmes et de revenir, dans ce documentaire, sur le viol qu’elles ont subi :

Clémentine AUTAIN (39 ans, femme politique),

Isabelle DEMONGEOT (46 ans, ancienne championne de tennis)

Frédérique HÉBRARD (85 ans, écrivain et scénariste)

Anne MONTEIL-BAUER (50 ans, écrivain et plasticienne)

Claudine ROHR (52 ans, employée à pôle Emploi)

Laura (15 ans, collégienne)

Clip Manifeste viol par campagne_contre_le_viol

INTERVIEW C. AUTAIN ET D’A. RAWLINS

Quel a été le déclic qui vous a poussé vous, Clémentine Autain, à écrire un livre sur le viol, Un beau jour… combattre le viol, et vous, Andrea Rawlins, à réaliser un film sur le même sujet ?

Andrea Rawlins : Lors de l’affaire DSK, on a constaté une libération de la parole : le couvercle se soulevait ; dépassant les histoires personnelles, un débat public voyait enfin le jour. On savait que le viol était un crime de guerre. Mais, jusque-là, on ne réalisait guère que, dans notre démocratie où l’égalité se veut plus qu’un mot, le viol soit aussi massif.

Clémentine Autain : La même chose : l’affaire DSK.

Dans le traitement du sujet, il vous fallait donc échapper à l’aspect fait divers pour montrer la « massivité » du viol. Comment avez-vous pensé votre film ?
A. R
. : Avec Pascal Manoukian de l’agence Capa, nous avons proposé à France 2, qui cherchait un film « sur » le viol, un documentaire « contre » le viol sous forme de manifeste politique. Nous connaissions le travail de Clémentine Autain. Nous avons naturellement pensé à elle pour être la porte-parole et la marraine de ce film. Pourquoi sous forme de manifeste ? Car tout un chacun se souvient du Manifeste des 343 de 1971. Sa force tenait au nombre de femmes, à la notoriété de certaines d’entre elles, à cette parole collective qui avait fait basculer le grand public et la loi sur l’avortement. Le viol frappe 75 000 femmes par an ; il doit devenir une affaire politique. Entre l’avortement et le viol, la comparaison s’arrête là. Il s’agit de recueillir la parole des victimes pour que l’on prenne enfin la mesure de la massivité du viol.

Les femmes témoignent donc dans votre film…
A. R
. : Comment aujourd’hui notre société démocratique, dite égalitaire, fabrique t-elle des violeurs ? Pourquoi les viols sont-ils si nombreux ? C’est très prétentieux de dire ça, mais, pour comprendre comment la société a permis la Shoah, Primo Levi a décrit l’horreur des camps. Les femmes, dans mon film, disent ce qui leur est arrivé. Nombre d’entre elles racontent que, lorsqu’elles ont enfin trouvé l’énergie d’en parler, on leur a rétorqué grosso modo : « C’est comme un rhume, ça va passer », le genre de propos exprimés lors de l’affaire DSK : « Il n’y a pas mort d’homme », c’est seulement « du troussage de domestique »… Leurs mots à elles étaient banalisés. Certaines ne se remettent jamais de n’avoir été ni entendues ni prises en charge.

C. A. : Le film participe de ce travail au long cours d’éducation populaire que l’on doit mettre en oeuvre pour libérer la parole. Pour la première fois, un nombre considérable de femmes s’inscrivent dans une démarche combattante et racontent à visage découvert qu’elles ont été violées.

A. R. : Elles ne sont pas juste là pour dire qu’elles ont été victimes d’un violeur, mais pour que leur vécu devienne un combat politique. Clémentine rappelle toujours l’importance de parler et de se montrer.

C. A. : Témoigner déclenche et libère la parole. Il faut que les femmes parviennent à dire ensemble : « Nous avons été victimes de viol ; je suis l’une d’entre elles. » Et ainsi briser le silence et l’anonymat. Qu’est-ce qu’un crime où l’on ne voit pas les victimes ? Est-ce que le viol existe ? Est-ce qu’elles existent ? C’est primordial de donner à voir des visages de femmes. De femmes vivantes, qui existent, qui ont envie de se battre.

A. R. : Plus les femmes violées se rendront visibles, plus elles seront nombreuses à parler, et plus on prendra conscience que le viol n’est ni un fait divers ni un chiffre.

Justement, quels sont les chiffres ?
A. R.
: On estime à 75 000 le nombre de femmes violées chaque année. L’enquête a été faite sur un échantillon de 15 000 femmes à qui on demandait si elles avaient ou non été violées, sans prendre en compte les victimes mineures. Le chiffre de 75 000 est loin de refléter la réalité. Une femme violée toutes les huit minutes est pourtant déjà un nombre inquiétant. Avec le Manifeste, on cesse de donner des chiffres désincarnés. Apparaissent des femmes avec des prénoms et des noms, des âges, des professions – le viol n’épargne aucun milieu – et des visages. On montre leur nombre pour qu’enfin la question du viol en France soit abordée sur la place publique et considérée comme un sujet de société plus qu’alarmant.

C. A. : Le silence fait le jeu des violeurs. Ainsi peuvent-ils continuer en toute impunité. Parler est notre arme pour faire reculer le viol ; il faut déployer cette parole et, de ce point de vue, l’affaire DSK a été utile. D’un côté les femmes racontaient leur histoire, faisant naître une solidarité entre elles ; de l’autre se déversaient sur Internet des flots de misogynie et de déni du viol. Cependant, quelque chose a eu lieu. On ne peut gagner la confrontation politique que si on la mène.

Comment avez-vous sélectionné les personnes qui allaient témoigner dans votre film ?
A. R. : Il était essentiel de montrer la réalité du viol et, notamment, le fait que, contrairement aux idées reçues, dans la majorité des cas, le violeur appartient à l’entourage affectif ou professionnel de la victime. Les six femmes de mon film ont entre 15 et 85 ans, elles sont issues d’environnements socio-professionnels très différents : l’une travaille à mi-temps à Pôle Emploi, une deuxième est collégienne, une troisième, écrivaine, a été violée par son compagnon, polytechnicien… A travers elles se découvre la réalité du viol dans notre société : les unes victimes d’un inconnu, les autres de leur père, de leur ami, de leur médecin ou de leur  entraîneur sportif… quelqu’un de leur entourage, dans 80 % des cas. J’ai choisi six femmes, six porte-parole pour leur donner le temps de s’exprimer, pour ne pas survoler leur témoignage. Il n’y a pas non plus de commentaires. Je voulais leur rendre cette parole, si souvent censurée. Le documentaire démarre par une galerie de portraits de femmes. Toutes étaient prêtes à participer à ce film. C’était formidable. Je les en remercie, car ce sont elles qui rendent le combat possible.

Pourquoi avoir choisi délibérément de ne mettre aucun garçon, alors qu’un viol sur dix touche un homme ?
A. R. : Parce que, dès le départ, j’étais partie sur l’idée du Manifeste. Pour moi, c’était un combat politique, le Manifeste contre le sexisme. Evidemment, je me suis posé la question des hommes. Si le viol d’une femme est un tabou, celui d’un homme l’est encore plus. Si les femmes arrivent à gagner ce combat, la deuxième lutte pour gagner cette bataille sera de faire un film sur le viol des hommes.

Etes-vous pour un durcissement de la loi contre le viol ?
C. A.
: Penser à durcir la loi pour la rendre encore plus sévère, encore plus sécuritaire, ne débattre que de ça, c’est bien français… Certains points juridiques sont à améliorer mais ce qui est essentiel, c’est la sensibilisation de la société et la formation aux raisons et aux conséquences du viol. La priorité consiste à développer les moyens d’une éducation populaire ; informer, permettre ainsi aux femmes d’aller porter plainte ; faire de la formation à très grande échelle de tout le personnel qui peut être amené à rencontrer des victimes ; donner les moyens à la justice d’instruire le procès sans devoir attendre cinq ans après le dépôt de plainte.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans les témoignages que vous avez reçus ?
A. R.
: C’est de réaliser combien le viol est toujours aussi tabou. Il a fallu un film pour que les langues se délient. Dans ce café où nous nous trouvons, il y a peut-être une personne sur cinq qui a subi un viol et qui n’en a jamais parlé ou alors seulement sous le sceau du secret. Je cherchais des porte-parole, des égéries. Même si elles ne se sont pas toutes reconstruites, j’aime leur combativité.

Pourquoi, selon vous, le viol est-il si tabou ?
C. A. : Parce qu’il touche à la sexualité, laquelle est taboue dans notre société. Parce qu’il est l’expression ultime de la domination masculine, or la question féministe intéresse globalement assez peu ; on n’a pas forcément envie de gratter. Existe aussi une intériorisation de la domination ; le phénomène de la domination produit du silence du côté des femmes et la protection implicite des violeurs du côté des dominants.

Donc les femmes sont toujours opprimées ?
C. A
. : On se demande toujours comment un système d’oppression fonctionne. Pourquoi les gens qui sont dominés, exploités ne se révoltent pas et comment cela peut-il continuer ? Il existe des mécanismes qui le permettent. Le propre des rapports dominants-dominés consiste en l’intériorisation de la domination chez les dominés et en la capacité de ceux qui détiennent le pouvoir de s’y maintenir. Puis intervient le mythe : celui de celle par qui le mal arrive. Cette suspicion est très forte à l’égard des femmes Le viol est le seul crime au monde où la victime se sent coupable ! C’est insensé.
A. R. : Existe, comme le raconte Clémentine, la sidération, ce mécanisme psychique qui permet de se dédoubler pour supporter l’horreur, une espèce de coupure. Toutes les victimes ont vécu au moment du viol cette anesthésie, cette dissociation entre le corps et l’esprit qui les empêche de hurler et de se débattre.
C. A. : On se sent humiliée de ne pas avoir dit non, de ne pas avoir arrêté le violeur. Pour être féministe, disait Christine Delphy, il faut reconnaître que l’on est victime. Et le reconnaître est douloureux, car il n’est pas agréable de se voir soi-même en victime. Néanmoins, c’est un passage obligé pour ne plus l’être, pour sortir de ce statut.

Votre histoire de viol ne ressemble pas à celle des autres…
C. A. : Elle ne rentre pas dans les clous de la majorité des viols, mais elle correspond à l’image d’Epinal que l’on en a, mis à part qu’elle s’est déroulée de jour et non de nuit. Hormis ce détail, on se croirait dans un film ; un homme armé, un inconnu, m’a violée dans un sous-bois. J’ai porté plainte tout de suite, il a été retrouvé et condamné. Dans la réalité massive du viol, la personne est connue de la victime (80 %), ce qui change absolument tout ; elle n’a pas d’arme et la contrainte s’exerce via le chantage affectif, professionnel… Le fameux phénomène de la sidération rend possible le viol, car les femmes ont intériorisé les codes dominants-dominés. D’un seul coup, une sorte de pilote automatique se met en route, laissant toute latitude aux hommes de violer. J’ai la chance de pouvoir parler au nom des autres. Il ne plane pas sur moi cette suspicion horrible : ne l’a-t-elle pas un peu cherché, a-t-elle vraiment été violée ? Parce que l’homme a été condamné, que j’ai été attaquée avec un couteau, la parole m’est plus facile. Je l’utilise pour défendre tous les cas de viol. Je parle notamment au nom de toutes celles qui n’y parviennent pas, au nom de toutes celles qui sont dans des situations inextricables – parce que le violeur est un parent, un ami, un mari, un médecin… Je parle aussi pour dire aux femmes qu’il est possible de s’en sortir. Même si, parfois, le fait de s’en sortir jette le doute sur la gravité du crime ; et le serpent se mord la queue.

Vous parlez de la suspicion qui met à mal la victime…
A. R.
: Il y a cette double peine dans le viol. Lorsque les victimes parlent, elles prennent le risque de n’être pas crues ou d’être stigmatisées. La société n’est pas toujours prête à entendre. Comme le raconte Clémentine, une femme peut raconter lors d’un dîner qu’elle a été cambriolée, qu’elle a été victime d’un attentat, qu’elle a pris une balle dans le ventre. Mais dire qu’elle a été violée est impossible.
C. A. : Révéler un viol crée un malaise. On touche à la sexualité, et la suspicion n’est jamais loin.
A. R. : Dans le milieu professionnel, beaucoup de femmes m’ont déclaré avoir été violées. Elles gardent le silence de peur que leur entourage les perçoivent autrement ; plus fragiles… Les victimes doivent subir aussi la suspicion des policiers. Quand elles déposent plainte un certain temps après les faits, leur mémoire souvent vacillante les dessert. On cherche une mémoire parfaite, précise, impeccable ; c’est impossible après un tel traumatisme.

Quel message voudriez-vous que les téléspectateurs retiennent de votre documentaire ?
C. A. : La force de la parole pour se reconstruire, non seulement face à la justice, mais pour s’exprimer, dire, verbaliser et tout simplement aller mieux, pour s’en sortir. Parler pour pouvoir vivre et non survivre après un viol.
A. R. : Il y a un long chemin à parcourir. Le film et le Manifeste peuvent être un levier supplémentaire. J’aimerais que mon documentaire parle aux téléspectateurs, à la société toute entière, à tous ceux qui, souvent sans le savoir, ont dans leur entourage une personne qui a été violée. Car comprendre ce qui se joue dans un viol, c’est comprendre l’importance de la parole et permettre d’aider sa libération sans la censurer par des clichés sexistes. Le viol, c’est une personne qui, à un moment donné, n’est plus considérée comme un être humain. Le viol, c’est une personne qui est considérée comme un objet par quelqu’un qui passe outre à son refus. Le viol, c’est quand le non d’une femme ne vaut rien.

Voir l’extrait du documentaire sur France 2

Revoir l’article du Nouvel Observateur : « LE TABOU DU VIOL : L’appel de Clémentine Autain »

KINDIA 2015 : un projet de documentaire et un projet humanitaire à long terme, le 20/12 à 20h55 sur CANAL+

Kindia Horizon 2015 c’est une opération de développement nord-sud sur le long terme, initiée par Canal+ en Guinée-Conakry, dans la région de Kindia, avec la participation des abonnés de la chaîne. Le premier documentaire sera diffusé le 20 novembre sur Canal+

Canal+ propose une aventure inédite en télévision, en s’engageant, au-delà des écrans, dans une action de long terme en Guinée, l’un des pays les plus pauvres au monde.

Concrètement, sur 4 ans, une équipe de journalistes va suivre régulièrement la population et des ONG dans 5 secteurs d’intervention, avec pour but de répondre aux objectifs du millénaire de l’ONU. 4 ans pour bâtir et suivre ces projets, avec des personnalités fortes et attachantes.

Construire des écoles et des centres de soin, faciliter l’accès à l’eau potable, améliorer la politique d’assainissement, améliorer la production locale et la sécurité alimentaire… les défis sont nombreux (lien vers la rubrique missions) dans ce pays, classé 178ème mondial (sur 187) en terme de développement humain en 2011, selon l’indice du PNUD.

En terme économique, le PIB par habitant de la Guinée était de 448 dollars en 2010 (chiffres FMI), ce qui la place en 169ème position sur 179ème. A titre de comparaison, la même année, il était de 41.018 dollars pour la France. La Guinée fait donc partie des pays où les opérations de développement ont un réel impact.

Les différentes réalisations vont permettre de lancer un développement endogène, qui se poursuivra même après 2015. L’ensemble des missions seront localisées dans la préfecture de Kindia, en Guinée Maritime. Une zone urbaine de près de 250.000 habitants, à forte vocation agricole, mais qui connaît une croissance démographique conséquente, entraînant d’énormes difficultés pour l’accès à l’eau potable ou la gestion des déchets.

Dans ce pays francophone, de nombreuses ONG sont déjà installées depuis plusieurs années. Une coopération décentralisée est en marche notamment avec la région de Nantes. En France et en Guinée, nous suivrons leurs actions.

Participation des abonnés et des téléspectateurs

Abonnés de Canal+ et téléspectateurs seront appelés à participer au projet, par le biais de dons, pour un budget total de 3 789 862 euros sur 4 ans.

Un compteur vous informe en direct des dons collectés sur le site : KINDIA + : http://www.kindiaplus.com/start.php

« Global Gâchis », un film d’Olivier Lemaire, Maha Kharrat et Tristram Stuart le 17/10 à 20h50 sur CANAL +

Alors qu’un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition sur notre planète, un tiers de la production mondiale de nourriture est gâchée. L’ensemble des producteurs, dis- tributeurs et consommateurs des pays occidentaux jette une quantité de nourriture qui pourrait nourrir 7 fois la population qui a faim dans le monde.

Ce gaspillage, qui intervient tout au long de la chaîne alimentaire, soulève à la fois des questions environnementales, éthiques et économiques. Se poser la question du gaspillage alimentaire, c’est se poser la question de notre survie. en 2050, nous serons 9 milliards d’habitants sur terre et autant de bouches à nourrir. La production agricole doit réussir un tour de force : répondre à la forte hausse de la demande tout en pré- servant les ressources naturelles.

Le premier réflexe serait de dire que pour nourrir plus de monde, il faudrait produire plus, alors qu’il suffirait de gaspiller moins. Des solutions étonnamment simples permettraient de résoudre ce qui est devenu l’un des plus problèmes environnementaux et sociaux auxquels il est le plus urgent de faire face.

Est-on enfin prêts à considérer le gaspillage comme anormal? Tristram stuart, auteur du best-seller Waste (la référence internationale en matière de gaspillage alimentaire), nous guide dans cette enquête. en sa compagnie, nous allons en Europe, au Costa Rica, au Pakistan, aux Etats-unis ou encore au Japon découvrir des exemples affligeants de gaspillage, mais aussi de stimulantes innovations et des solutions pour tirer le meilleur parti de ce que nous produisons.
Notre mode de vie a généré une crise alimentaire mondiale. Il faut maintenant la résoudre.

« Global Gâchis », un documentaire d’Olivier Lemaire, écrit par Maha Kharrat et Tristram Stuart, sur une idée de Jean-Marie Michel, à voir le 17 octobre à 20h50 sur CANAL +

Le Banquet des 5000

Pour sensibiliser le public au gaspillage alimentaire et accompagner la diffusion du documentaire, CANAL + organise un banquet géant le 13 octobre entre 13h et 15h sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris. Un déjeuner gratuit pour 5 000 personnes sera préparé avec des denrées alimentaires destinées … à la poubelle.

Rejoignez l’événement sur Facebook !

Au programme:

Un curry géant de légumes pour 5000 personnes
Des leçons de cuisine pour remettre à l’honneur les abats par Pierre Jancou et Yves-Marie le Bourdonnec
Des recettes simples et bluffantes anti-gâchis par Louise Denisot et Fred Chesneau
La rencontre avec des cochons « recycleurs »
Des jus de pommes pressés sur place
Des salades confectionnées en musique par Disco Soupe
Pas de réservation, venez simplement avec vos amis et vos proches !

Retrouvez le site de l’événement sur CANAL +


« Le banquet des 5000 », un grand festin gratuit pour 5000 personnes, le 13/10 à 13h à Paris

Pour sensibiliser le public au gaspillage alimentaire, CANAL + organise un banquet géant le 13 octobre entre 13h et 15h sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris. Un déjeuner gratuit pour 5 000 personnes sera préparé avec des denrées alimentaires destinées … à la poubelle.

A l’origine de cet événement , l’activiste Britannique Tristram Stuart. En novembre dernier, il a organisé un banquet géant à Trafalgar Square à Londres : des milliers de personnes ont dégusté un curry gratuit préparé avec des légumes qui devaient être jetés. Tristram Stuart est l’auteur du best-seller Waste : Uncovering the Global Food Scandal , un ouvrage qui décrypte et analyse ce phénomène mondial.

Rejoignez l’événement sur Facebook !

Au programme:

  • Un curry géant de légumes pour 5000 personnes
  • Des leçons de cuisine pour remettre à l’honneur les abats par Pierre Jancou et Yves-Marie le Bourdonnec
  • Des recettes simples et bluffantes anti-gâchis par Louise Denisot et Fred Chesneau
  • La rencontre avec des cochons « recycleurs »
  • Des jus de pommes pressés sur place
  • Des salades confectionnées en musique par Disco Soupe

Pas de réservation, venez simplement avec vos amis et vos proches !

Retrouvez le site de l’événement sur CANAL +

« Le banquet des 5000 » accompagne la diffusion du documentaire « Global Gâchis », d’Olivier Lemaire, écrit par Maha Kharrat et Tristram Stuart, le mercredi 17 octobre à 20h50 sur CANAL +

Retrouvez le site Feeding the 5k et Waste, le site de Tristram Stuart

« Goldman Sachs, le supermarché de la finance » dans l’Hyper Revue de Presse de France Info du 18/09

L’Hyper Revue de Presse de France Info du mardi 18 septembre, présentée par Jean-Christophe Martin et Matthieu Beauval, parle de « Goldman Sachs, le supermarché de la finance », le mini-site de Capa pour Arte qui accompagne le documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde ».

L’émission est à (ré)écouter sur le site de France Info ( à partir de 4 min 35).

« Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », réalisé par Marc Roche et Jérôme Fritel, a par ailleurs enregistré 560 000 connexions sur le site de rattrapage Arte + 7, un record pour la chaîne.

Le documentaire n’est plus disponible gratuitement dans son intégralité, mais l’expérience se prolonge avec « Goldman Sachs, le supermarché de la finance ».

Interview d’Alexandra Alévêque, réalisatrice de « 21 jours à l’usine » diffusé le 18/09 à 22h50 sur France 2

Quelle est la situation des ouvriers en France aujourd’hui?

Pour France 2 et « 21 Jours », Alexandra Alévêque a travaillé pendant trois semaines chez un sous-traitant automobile à Sochaux. Elle a vécu aux côtés de ceux qu’elle a filmé et nous ouvre les portes d’un monde, avec ses codes et ses difficultés. Elle a partagé la tendresse, la solidarité, l’émotion, le rire même au sein de situations difficiles.

Dans cette interview, Alexandra Alévêque raconte le tournage et son expérience à l’usine.

« 21 jours à l’usine », le 18 septembre à 22h50 sur France 2, et à revoir sur Pluzz.fr après la diffusion

« Expédition Mapaoni, l’inaccessible frontière », un film de Roland Théron le 22/09 à 20h45 sur ARTE

Au cœur de l’Amazonie sauvage, François-Michel Le Tourneau – géographe français – part à l’aventure. Sa mission : explorer une région tombée dans l’oubli depuis 50 ans, une des zones les plus mystérieuses de l’Amazonie, aux confins du Brésil, du Surinam et de la Guyane française.

Là bas, près des sources du fleuve Jari, les moyens « modernes » pour recueillir des informations géographiques précises percent mal la couverture nuageuse permanente des monts Tumucumaque. Pourtant censés « voir à travers les nuages » les optiques haute définition des satellites ne fournissent que des images déformées par le relief tourmenté. A la croisée dʼanciennes routes de commerce des ethnies amérindiennes, cette région a ainsi disparu des écrans radars des scientifiques et des autorités de protection de la nature depuis près de quarante ans.

Pendant trois siècles cette région a fait l’objet de beaucoup de convoitises. Au XVIIIème et XIXème, des explorateurs y ont cherché le mythique Eldorado décrit par les Conquistadors. En août 2011, l’expédition Mapaoni part sur les traces de ces grands explorateurs du passé, mais elle va également suivre le chemin emprunté en 1937 – sous le régime nazi – par une expédition naturaliste allemande. L’expédition va remonter le fleuve Jari – un affluent de l’Amazone, l’un des fleuves les moins connus du Brésil – sur plus de 750 kilomètres, pour s’approcher de la borne marquant la frontière entre trois pays : le Brésil, le Surinam, et la Guyane Française.

François-Michel Le Tourneau a décidé de retourner à la tri- frontière, pour recartographier la zone. Vingt hommes. Trois pirogues. Un mois d’expédition en autonomie complète. Dans la forêt tropicale la plus inaccessible. Avec cette expédition à lʼancienne, François-Michel Le Tourneau veut réactualiser les bases de données géographiques, recueillir des informations précises sur lʼoccupation actuelle et passée de la région, et les comparer avec les descriptions des voyageurs du XIXème et du XXème siècle. Il emporte sur place des documents historiques sur les expéditions précédentes, et va les restituer en échange dʼinformations précieuses sur la géographie du présent.

Lʼexpédition Mapaoni va vous faire découvrir un monde ignoré en vous plongeant dans le même temps dans le passé incroyable de cette région. Une aventure scientifique et humaine exceptionnelle, au coeur de la plus grande forêt tropicale du monde.