Wladimir SIMITCH

Bien avant de faire de la photo, Wladimir avait l’œil du photographe. A l’âge de 10 ans, il pouvait passer des heures devant les tableaux de Guillaumet, Spilliaert et Delaunay ou regarder son père, artiste peintre, griffonner rageusement une toile au pastel jusqu’à ce qu’apparaissent des paysages irréels baignés d’harmonieuses couleurs. C’est ainsi que se forgent les goûts et les désirs, presque à notre insu.

Il s’est naturellement dirigé vers la peinture et la sculpture comme moyen d’expression, parallèlement à des études de droit et d’art du spectacle. Le contact direct avec la matière était depuis longtemps une nécessité. Quand son esprit divaguait, son intellect voulait matérialiser le fruit de ses rêveries, ses mains voulaient palper, et ses yeux voir. Cette passion persistante n’a malgré tout jamais été son activité principale. Il a travaillé comme commercial dans une agence de pub et pour une société de promotion immobilière, puis comme assistant producteur sur des courts métrages, des clips et des publicités. Le passage à la photo est venu sur le tard. Il a été happé par le trou noir de l’objectif, séduit pas ce moyen d’expression aux possibilités infinies ; capable de manipuler ou de révéler la beauté du réel et heureux de constater que c’est aussi un formidable outil social qui permet d’aller vers l’autre, d’observer, d’apprendre et de transmettre. Il est alors redevenu enfant, les yeux émerveillés et la pupille irradiée de lumière.