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Au Népal, la guerre civile qui oppose l'armée royale
à la guérilla maoïste a fait, en dix ans, plus de 12
000 victimes et des milliers de disparus.
Après une trêve de plusieurs mois, les combats ont
repris dans le royaume himalayen. Dans la capitale Katmandou,
un couvre-feu a été instauré, les manifestations interdites
et des centaines de militants politiques arrêtés.
Dans les montagnes, les rebelles maoïstes sont chez
eux ; un tiers du pays est sous leur contrôle. Attentats,
exécutions arbitraires, confiscation de terres, ils
s'inspirent de la révolution chinoise de Mao pour renverser
la monarchie et instaurer une république populaire.
En tout, 50 000 combattants dont le modèle ultime est
le Sentier Lumineux au Pérou, une des guérillas les
plus actives et les plus sanguinaires des années 70-80.
Depuis 2003, la guérilla maoïste est inscrite sur la
liste des organisations terroristes établie par le département
d'état américain.
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Après plusieurs jours de marche dans les montagnes
de l'est du pays, un reporter d'i>Match a partagé
pendant plusieurs semaines la vie d'une unité de l'armée
rouge népalaise. C'est la première fois qu'une des guérillas
les plus secrètes du monde tolère la présence d'un journaliste
occidental à ses côtés.
Dans cette unité comme dans le reste du mouvement,
les femmes représentent plus d'un tiers des effectifs.
Bihani, la guerrière, a rejoint la guérilla à 17 ans.
Elle commande aujourd'hui un groupe d'assaut.
Chunauti, elle aussi, est combattante. Son frère a rejoint
les rangs de l'armée royale, mais elle continue à écrire
des poèmes à la gloire de la lutte.
Asmita, dite la pure, est un haut cadre du parti. Elle
sillonne les villages pour prêcher la bonne parole révolutionnaire.
Nourries de slogans à la gloire du parti et du peuple,
elles ont abandonné tout désir personnel au profit de
la lutte. Toutes sont convaincues de pouvoir changer
le monde. Toutes sont prêtes à mourir pour la cause.
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