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Cambodgiens, les Khmers rouges veulent tirer un trait
sur leur passé et les années de plomb. Ils cherchent
à sauver leur peau autant que leur à¢me. A Anlong Veng
aujourd'hui, surnommé "l'antre du Démon",
le sanctuaire des derniers guérilleros Khmers rouges
menés par Ta Mok dit "le boucher", on s'évangélise.
Hantés par une mémoire trop lourde et l'ouverture imminente
d'un procès international pour génocide, ils sont des
centaines, soldats, cadres, chefs politiques, à avoir
embrassé Dieu, convertis par des missionnaires américains,
les seuls à avoir osé venir dans ce bastion maoïste,
ou 60 000 religieux bouddhistes ont été massacrés et
la religion interdite, comme la famille ou l'argent.
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Ils renaissent chrétiens, comme le puissant commandant
Oun San où le colonel Ong Korn- transformés en apprentis
pasteurs recruteurs de chrétiens après une confession
dans les larmes (qu'ils comparent volontiers aux séances
d'autocritiques et de dénonciations) et un baptême,
corps plongé dans les eaux du lac aux morts.
Par une ironie de l'histoire, beaucoup d'entre eux affirment
embrasser l'idéologie chrétienne de la même manière
qu'ils ont embrassé jadis l'idéologie de Pol Pot.
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