En
1988, on découvrait en Amazonie colombienne, une
tribu d’indiens jusque-là encore inconnue
: les Nukaks. Composée d’environ 1200 individus,
elle se caractérisait par un mode de vie nomade,
une langue particulière et une adaptation remarquable
à la forêt. Les Nukaks ne demeurent jamais
plus de 5 à 6 jours dans un même lieu, brûlent
leurs malocas (huttes de palme séchées)
après leur départ dans le souci d’éviter
les foyers infectieux, collecte les fruits, et chassent
les singes, avec des fléchettes empoisonnées
au curare, qu’ils tirent à l’aide de
longues sarbacanes. Moins de 20 ans plus tard, ils ne
sont plus que 500 survivants, condamné à
disparaître rapidement si rien n’est fait,
selon le Haut comité aux réfugiés
des Nations Unis, qui vient de lancer un cri d’alarme.
Décimés par les maladies transmises par
les Blancs après ce premier contact, ils sont aussi
victimes du conflit colombien.
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Il y a quelques semaines un petit groupe de 138 Nukaks
a brusquement surgi non loin de San Jose del Guaviare,
une ville aux portes de l’Amazonie : nus, terrorisés,
épuisés, après deux mois de marche
dans la jungle. Que fuyaient-ils ? Dans leur langue,
avec parfois quelques mots d’espagnol, ils expliquent
avoir quitté leur territoire ancestral devant
l’avancée des Nukaks Verts. Nukaks, cela
signifie « les gens », en langue nukak.
Vert, c’est la couleur d’un uniforme. Celui
de guérilleros, de paramilitaires ou de l’armée
? On ne sait pas précisément.
Pensant une semaine, nous avons partagé leur
vie, leur mode d’existence traditionnel, mais
aussi leur découverte du monde des Blancs, leurs
doutes et leur détresse..
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