BOOMERANG, la puce à l’oreille

BOOMERANG, la puce à l’oreille
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Diego Buñuel présente "BOOMERANG, la puce à l'oreille"

Diego Buñuel présente "BOOMERANG, la puce à l'oreille"


Boomerang est un documentaire d’un genre nouveau dans lequel Diego Buñuel s’entoure de reporters de choix pour nous emmener aux quatre coins de la planète sur les traces de l’un des objets les plus vendus au monde : le téléphone portable.

Un voyage haletant qui vous fera découvrir les pays, matériaux, enjeux et surtout les hommes qui se cachent derrière ce gadget qui a su se rendre indispensable en si peu de temps.


Le 13 octobre 1983 naissait le premier téléphone portable commercial. Il pesait plus de 2 kilos et coûtait 4000$. Moins de 30 ans plus tard, près de 5 milliards de personnes en possèdent un. Ou deux. Ou trois. Ils pèsent en moyenne 100 grammes et coûtent 30 à 100 fois moins cher. C’est l’un des objets les plus vendus au monde. L’industrie du téléphone portable a connu un développement tout à fait exemplaire, à l’image de l’engouement consumériste dont fait preuve la population mondiale dès lors que ses besoins primaires sont satisfaits. Un engouement qui pourrait bien nous revenir en pleine figure si nous n’y prenons gare, tel un boomerang.

Car c’est au prix de millions de morts, d’une exploitation humaine digne des débuts de l’industrialisation et de graves dégâts environnementaux et sanitaires que nous pouvons nous offrir un nouveau téléphone tous les 18 mois (moyenne française). Boomerang est un documentaire de 90 minutes qui décrypte un monde globalisé dans lequel nos actes de consommateurs ont des conséquences insoupçonnées, en s’appuyant sur l’exemple du téléphone portable, symbole de notre course folle vers toujours plus de nouveauté dont s’est emparée avec succès l’industrie du gadget électronique.

A une époque où l’on calcule les dégâts que notre présence sur terre génère en empreinte carbone, ce documentaire souhaite aller encore plus loin et montrer la totalité de la chaîne de production du téléphone portable. Je parlerai d’empreinte personnelle. J’ai voulu savoir quelle était la notre chaque fois que nous craquons pour le nouveau gadget électronique dernier cri.

Bertrand Coq, Anthony Dufour et Sabrina Van Tassel

Les réalisateurs : Bertrand Coq au Congo, Anthony Dufour en Chine et Sabrina Van Tassel en Inde

D’une durée de 90’, Boomerang est en fait divisé en trois fois 26’ incarnés par trois journalistes aux styles très différents.

Bertrand Coq, grand reporter, entraîne les téléspectateurs dans les mines du Congo, où une guerre sans merci fait rage pour le contrôle des minerais essentiels à l’industrie des portables.

Ensuite Anthony Dufour infiltre les usines infernales de Shenzhen en Chine où des générations sacrifiées de travailleurs œuvrent sans relâche pour produire 20 téléphones chaque seconde.

Enfin Sabrina Van Tassel s’enfonce dans les alentours de Delhi en Inde, où des enfants travaillent dans des conditions sanitaires précaires pour recycler des millions de téléphones portables qui arrivent par containers depuis l’occident.

Mais là où Boomerang se démarque de l’habituelle litanie de tragédie humaine et écologique que provoque notre consommation effrénée de gadgets électroniques, c’est que Diego veut surtout offrir au téléspectateur des solutions concrètes.

C’est pour cela qu’entre chaque 26’ il nous embarque avec son style détendu et informel pour une petite virée en Europe (Londres, Amsterdam, Berlin et Paris) afin de nous offrir les clés d’un futur meilleur dans un monde qui paraît parfois si implacable.

Un périple à travers le Congo, l'Inde et la Chine

Un périple à travers le Congo, l'Inde et la Chine

C’est en République Démocratique du Congo que débute le périple de Boomerang, plus précisément à l’est du pays, dans la région des Kivus. Là se trouvent d’importantes réserves de cassitérite, un minerais dont est extrait l’étain indispensable aux soudures électroniques. Ces trois dernières années, le prix de ce métal a doublé pour osciller autour de 20 000$ la tonne. Un juteux marché dont tentent de s’emparer les différentes milices armées de cette région enclavée. Elles se mènent une guerre larvée et terrorisent la population à coups de massacres et de viols de masse pendant que des creuseurs extraient à mains nues, 30 mètres sous terre, 48 heures durant, ce que l’on appelle au Congo « l’or gris », et partout ailleurs le « minerais de sang ».

Bertrand Coq

Bertrand Coq

Dans cette première partie de Boomerang, le grand reporter et baroudeur Bertrand Coq descend jusqu’au fond de la mine aux côtés de ces travailleurs « hiboux », car ils voient rarement le jour. Il se rend dans un village dont les 300 femmes ont été violées par des rebelles, et s’enfonce dans la forêt afin de mettre la main sur le chef Maï Maï de la région, sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour viols de masse.

Bertrand Coq remonte enfin la filière de la cassitérite jusqu’à la capitale de la Province, Goma, où les Chinois se sont emparés du marché depuis que les Américains ont voté une loi qui bannit l’usage du minerai de sang. Ce minerai finit dans les raffineries d’Asie, principalement.

L’Asie est donc la prochaine étape de Boomerang. La Chine, plus précisément, et en particulier Shenzhen, au Sud-Est du pays. Cet ancien village de pêcheurs est devenu en 30 ans la ville-atelier de l’électronique du monde entier. C’est là que des millions d’ouvriers âgés de 20 ans en moyenne fabriquent environ 20 téléphones chaque seconde. Cadences infernales, heures supplémentaires non payées, travailleurs exposés aux substances toxiques qu’ils manipulent… Ces ouvriers sont les esclaves de l’électronique.

Anthony Dufour

Anthony Dufour

Anthony Dufour est journaliste eti vit en Chine depuis 10 ans. Parce qu’il connaît bien le pays et ses rouages il réussit à se faire ouvrir les portes de l’un des milliers de sous-traitants dont regorge la ville, au plus près de ces esclaves des temps modernes dont le patron reconnaît fièrement qu’ils sont plus rentables que des machines.

Mais à l’inverse des machines, l’homme proteste, et un vent de changement commence à souffler sur Shenzhen. Notre reporter a ainsi pu s’infiltrer dans une usine en grève, aux côtés des manifestants. Il nous fait entendre la voix de toute une génération qui aspire à une vie qui ne serait plus faite que de dur labeur.

C’est en Inde que Boomerang s’achève, là-même où s’échouent nos vieux portables. Le pays est l’une des poubelles où l’occident vient déverser ses déchets électroniques, en toute illégalité. Car l’Inde interdit ces importations toxiques depuis 15 ans, alors que la majorité des pays en bannissent l’exportation.

Pourtant 50 000 tonnes de ces déchets arriveraient chaque année, sous forme de donations de matériel d’occasion déguisées. Une quantité qui pourrait doubler l’année prochaine.

Sabrina Van Tassel

Sabrina Van Tassel

La journaliste Sabrina Van Tassel a réussi à pénétrer ce marché du déchet ultra-rentable et ultra-fermé.

A quelques kilomètres de Delhi elle nous fait rencontrer deux frères qui rachètent nos vieux téléphones pour en extirper l’or, l’étain et le cuivre contenus dans les circuits électroniques et cartes à puces.

Mais c’est 200 km plus à l’est, à Moradabad, qu’il faut aller pour voir les petites mains brûler, plonger dans des bains d’acide et enfin gratter les restes électroniques à l’affût de quelques microgrammes de matières précieuses, sans aucune protection. Des adultes comme des enfants. Notre reporter est la première à faire entrer une caméra au coeur de ce no man’s land qui fait vivre plusieurs millions de personnes tout en les menant lentement vers la mort.

Diego Buñuel, aux commandes de "BOOMERANG, la puce à l'oreille"

Diego Buñuel, aux commandes de "BOOMERANG, la puce à l'oreille"

Chef d’orchestre de ce tour du monde autour du téléphone portable, Diego Buñuel nous fait naviguer de l’un à l’autre de ces pays depuis différentes villes d’Europe où il rencontre des personnes qui vont apporter un autre regard sur la situation.

Une scientifique française lui expliquera de quoi sont faits nos précieux téléphones, un designer hollandais lui dévoilera son prototype de téléphone équitable, un hacktiviste allemand lui expliquera comment déjouer les stratégies industrielles visant à nous faire changer de téléphone tous les 18 mois, et enfin vous découvrirez que c’est dans une petite commune des Deux-Sèvres que finissent vos téléphones usagés en quête d’une seconde vie.

DECOUVREZ LE GENERIQUE DE L’EMISSION !

FICHE TECHNIQUE
Titre : Boomerang
Format : Documentaire
Durée : 90
HD
Réalisation : Diego Buñuel, Bertrand Coq, Sabrina Van Tassel et Anthony Dufour
Production : Explorer/Capa

LES REALISATEURS

CONGO

Bertrand Coq est grand reporter. Il a commencé dans la profession chez TF1 il y a 30 ans. Couvert quasiment tous les conflits de ce dernier quart de siècle (et quelques catastrophes…), notamment pour La Cinq et France 2. Il a remporté de nombreux prix pour son travail, dont le Prix Albert Londres 2003, le Prix Bayeux, le Prix du Scoop d’Angers. Il est aujourd’hui journaliste indépendant et producteur.

CHINE

Anthony Dufour débute sa carrière en presse écrite et en radio avant de devenir le correspondant de TF1 à Lille et Bruxelles. A partir de 1998, il prend la direction de la rédaction de l’agence de presse INTERNEPtv. Fin 2002 il crée Hikari, agence audiovisuelle française spécialiste de l’Asie, où elle produit des reportages et documentaires destinés aux diffuseurs européens.
Anthony Dufour s’est impose dans les médias français comme spécialiste de l’Asie. Il a réalisé plusieurs dizaines de documentaires en Chine, au Japon et en Corée. Plusieurs de ces films évoquent les conditions complexes du développement chinois sur les plans politique, économique ou géo-politique. Les films d’Anthony Dufour ont été primés dans plusieurs festivals à Genève (Droits de l’Homme), Toronto, ainsi qu’au Festival International du Grand Reportage.

INDE

Après avoir réalisé son premier court-métrage de cinéma en 2002, Sabrina Van Tassel se lance dans le documentaire et le reportage. Journaliste reporter, elle signe avec l’agence Capa une vingtaine de reportages pour les émissions « L’Effet papillon » sur Canal+ et « Envoyé spécial » sur France 2. Simultanément, elle poursuit sa carrière de réalisatrice de documentaires : Mariées pour le pire (2004), Les soldats perdus de Tsahal (2008) et La Tribu de Rivka (2010).